Longtemps, j’ai attendu pour vous écrire.

Depuis l’adolescence, seules mes connaissances, en particulier les femmes, recevaient mes mots. Je me revois copier des vers de Baudelaire, y ajouter quelques rimes maladroites et les donner le rouge aux joues à une fille étonnée.  Je ne crois pas que je voulais prendre soin d’elle. Il s’agissait plutôt d’en faire le témoin d’un geste qui traduisait mon état émotionnel. Je l’utilisais en quelque sorte. Cela, je l’ai fait encore et encore, convaincu de la qualité de mes productions jetées au visage de ces personnes contraintes d’applaudir. Mais vous, vous êtes libres. Libres de me lire. Vous ne serez peut-être pas nombreux, mais vous serez les vrais. Les seuls à pouvoir fonder ma démarche.