Liés #53

Étienne ferme les yeux. Les paumes posées sur les dômes de chair nue d’Héloïse chevauchant son visage, il profite d’un instant suspendu. Les cuisses de sa femme forment une parenthèse qui isole son cerveau du bruit.

Petit à petit la langue de l’époux devient le canal par lequel le monde entier l’aborde. Et le monde entier se concentre dans ces grandes lèvres charnues d’abord. Longues comme les valves d’un coquillage coquin, fines… Elles battent sous les légers coups de langue latéraux, s’écartent et se collent l’une à l’autre, superposition parfaite au gré de l’apex précis.

C’est un cercle vicieux. Héloïse joue une partition semblable. Délicate, elle flatte la queue, retient son appétit et se contente d’en titiller le gland. Étienne lâche un râle lascif où se mêlent la précision de la perception des détails de la chatte et le plaisir caché que diffuse sa bite.

Voici venir la convexité tendre. Frondeuse, la bosse se pavane à la fin de la fente. Étienne l’entend presque lui chuchoter : je suis cachée, viens me chercher. Mais il sait qu’elle ne peut pas s’échapper. Alors, il toque et retoque à la porte sans jamais baisser la poignée. Sa langue cerne le bouton, commence un assaut minutieux, patient…

Il veut croire que la longue humiliation passée a pu conduire à cet instant seulement parce qu’elle s’articulait à une perspective de confiance. Longtemps il l’a trompée avec un amour fou. Mari en cavale, effrayé par les enjeux pressentis à la première heure. Détonnant mélange qu’il veut apaiser aujourd’hui. Réserver son désir. Organiser le plaisir. S’assurer que la transgression est souhaitée. Ancrer la dignité d’Héloïse et la sienne.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published / Required fields are marked *

Résoudre : *
20 + 19 =