Liés #24

La seconde ombre approche. Massive, elle jette un voile noir sur le tableau précédent. Assis non loin, l’homme n’a rien perdu du spectacle auquel les spasmes de l’éjaculation faciale ont mis fin. Patient, il affiche une détermination qui laisse deviner qu’il se serait néanmoins battu pour ne pas perdre son tour.

La quarantaine sans complexe, nu, gris et dégarni, l’homme ne semble pas vouloir s’embarrasser de manières. Il sait ce qu’il veut et Étienne le devine à l’assurance et la vitesse avec lesquelles le prédateur fond sur la proie offerte derrière les barreaux. Héloïse aussi a compris. La peur et le désir se lisent sur son visage. Elle cherche le regard de son époux et le trouve.

Il se lève, ouvre la cage et déverrouille les entraves qui la maintenaient à quatre pattes. Héloïse se relève lentement, ankylosée. Devant l’inconnu interdit, Étienne attire sa salope contre lui et referme les bras autour d’elle. Les époux tiennent la pose, tendre, amoureuse et quasi transgressive dans ce contexte obscène : l’éternité contenue dans une poignée de secondes suspendues.

Imperceptiblement, tout en l’embrassant, Étienne plaque la chienne dos aux barreaux qui quadrillent la courbe de sa croupe et maintient l’écartement de ses jambes en liant chaque cheville à un croisillon de fer. Il fixe les poignets de part et d’autre du corps de manière à ce que le sang ne quitte pas les bras. Un baiser et il retourne s’asseoir après avoir échangé un regard complice avec l’inconnu qui reprend sa progression.


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