Liés #9

Les ombres croissent, déformées par les différents plans : l’ocre de la cage, les membres entravés d’Héloïse, les pointes brunes et dures de ses seins qui jaillissent entre les barreaux, le mur derrière elle, se zèbrent alternativement de noir puis de rouge. Étienne, assis dans la pénombre, observe le premier homme approcher. Cliquetis des chaînes qui se tendent : dans un mouvement de sauvegarde animale, la proie a tenté de fuir mais les entraves l’ont retenue. Il est grand, d’âge mûr sans stigmate de vieillesse, son jean clair et son polo beige lui donnent un air nonchalant habillé. Le regard vif et le sourire peu nerveux trahissent un mélange d’excitation et d’amusement.

Liés #8

Devenir eux-mêmes n’avait pas été aisé tant les ruptures avaient jalonné leur passage à l’âge adulte. Au mieux ignorées, au pire stigmatisées, leurs souffrances adolescentes avaient fait brûler les restes de l’enfance dans un brasier qui les dévorait encore intérieurement lorsque l’opposition apparaissait comme la seule et unique issue. 

Aimer, s’aimer et aimer être aimé : leur défi désormais.

Les paupières tombent avec la nuit d’été.

Liés #7

La voilà qui se cambre. Solaire dans son plaisir, le visage pointant vers le ciel, elle hurle sa jouissance alors que le foutre épais gicle sur son cul, roule en longues traînées chaudes et s’unit à la mouille abondante. Le bonheur les a foudroyés à la même seconde. Délicatement lovés les amants écoutent battre leurs pulsations cardiaques. Chacune porte la mémoire de l’éclair qui les a traversés… À chaque battement un peu moins vive… Yeux dans les yeux ils redeviennent époux. Quelques portes plus loin, leur enfant dort.

Liés #6

Prise dans un frénétique mouvement de balancier, Héloïse pousse et tire sur ses bras pour que sortent et s’enfoncent encore plus profondément les doigts de son homme. La manifestation de cet appétit, encourage encore Étienne qui retourne la main, paume en l’air. Dans le cul pénètre le pouce et dans la chatte, index et majeur. Possédée par le goût du sexe, la salope se met à couiner délicieusement. Elle s’essouffle dans l’effort tandis qu’il écarquille les yeux, fasciné par le flot qui trempe ses doigts. Presque sans le vouloir, il saisit sa queue de sa main libre et la serre vigoureusement. Les époux s’emballent ensemble, célébrant leur union dans la conjugaison organique.

Liés #5

Au fur et à mesure que pompe la pute déchaînée, l’idée de contourner la montagne devient… incontournable ! Cambre-toi bien et ferme les yeux, ordonne le mâle dont l’érection est presque douloureuse. La chienne s’exécute, magnifique et lascive. Posté à nouveau derrière elle, il crache entre les roches et plante sans attendre le pouce dans la chatte et l’index dans le cul. Elle laisse échapper un cri de douleur mais il ne lui laisse pas le temps de s’opposer : sa main libre s’abat sèchement puis pétrit la fesse meurtrie tandis que ses deux doigts s’enfoncent entièrement dans les trous gourmands qui l’absorbent sans hésiter. C’est elle maintenant qui bouge son corps autour des phalanges raidies. Elle ondule et s’ouvre encore. Elle le happe, l’entoure et se branle dans une danse indécente alors que dégouline une mouille généreuse.

Liés #4

Depuis la tête de lit, son sourire s’élargit encore : les fesses de son épouse le narguent telles deux roches rondes au milieu desquelles s’agite une cascade d’eau chaude… Sous cet angle, les orifices de sa petite salope n’existent que dans son souvenir. Pourtant, ils sont là, juste là… Il suffit de contourner les montagnes… Et cette idée fait se dresser sa queue dont le gland arrive à toute proximité de la bouche d’Héloïse. Devant cette  ferme et injonctive approche, la délicieuse vicieuse lèche la bite avec application avant de se mettre à en pomper le bout prisonnier de ses lèvres. Elle ne faillit pas à sa réputation en saisissant cette nouvelle opportunité de révéler sa vraie nature. Suce bien ma queue, petite pute, montre-moi bien comme tu aimes ça, expire Étienne en s’emparant d’une mèche de cheveux qu’il tire, accompagnant les aller-retours de la bouche autour de son gland tendu par l’extrême excitation.

Liés #3

D’un tempérament sensible aux addictions, voici vingt ans qu’il se drogue à cette mouille dont il croyait connaître tous les aspects, toutes les textures, tous les parfums et tous les goûts. Trop sûr de lui. Depuis quelques temps, ses sens en alerte perçoivent des différences. La chimie neuronale transmet ces informations à un cerveau qui mouline comme un moteur emballé et produit un sentiment d’insécurité avec lequel Étienne lutte tant bien que mal. Si son cul est un Graal à pétrir et baiser sans retenue, les yeux d’Héloïse lui manquent soudain terriblement. Sont-ils toujours clos ? Il se lève et s’approche de la tête de lit. Leurs regards se croisent et se pénètrent. Il sourit largement. Il offre sa fragilité épanouie à cette femme inédite.

Dehors le soleil écrase déjà les feuillages assoiffés et raccourcit les ombres sur le goudron qui cloque. Flash… Elle tend les bras en croix, écarte les jambes, docile. Il ferme les boucles métalliques autour des chevilles et des poignets. Héloïse le regarde en baissant la tête, son silence laisse tout l’espace sonore s’emplir des cliquetis. Main droite, main gauche, pied droit, pied gauche. Sa liberté se résume maintenant aux mouvements de la nuque, des muscles du visage, du dos et des hanches, un peu… Debout, quasi collée à la grille de la cage qu’il referme autour d’elle. Les lacets d’acier composent un puzzle de la femme dont l’expression de soumission est clairement lisible. En attente… Mais de quoi ?

Sur l’ambre de sa peau la dentelle claire découpe des polygones dorés, concentrés sur les quelques centimètres carrés du triangle pubien dont le voile impudique révèle un ticket impeccable. Encore un peu d’attention et le regard croit saisir le renflement brun foncé de la naissance des lèvres particulièrement charnues avant l’opacité de la doublure… A moins que ce soit le cerveau gorgé de désir d’Étienne qui renverse le flux informatif en transmettant à l’organe le fruit de ses fantasmes. Sur le grain de l’enduit de la pièce éclaboussée d’écarlate des ombres s’avancent déjà…

Liés #2

Flashs encore. Au scintillement s’ajoutent les cliquetis. Son sexe se dresse au son de l’acier. Un nouveau gémissement le ramène dans la lumière tamisée de la chambre. Le cul d’Héloïse semble encore plus offert à sa vue troublée par le désir. Il dévore des yeux la chatte brune et l’iris de l’anus. Presque mécaniquement, comme un pantin mû par le diable, il gifle le galbe de la fesse droite. La paume fend l’air et s’abat sèchement, émettant un claquement sec. La salope gémit encore et se cambre de plus belle.

Être là et ailleurs, un homme et un autre. Aimer avec les yeux et avec la queue. Pris entre les flashs et le spectacle lascif, Étienne se transforme. Ses lèvres se pincent. Il retient chaque inspiration pour nourrir son désir de la moindre molécule utile disponible. Son champ de vision diminue pour se concentrer sur le corps d’Héloïse comme un pilote lancé à grande vitesse sur l’asphalte brûlant. De sa fente brune et lisse perle un liquide trouble… Sur lequel Étienne s’empresse de poser l’apex de la langue tendue.

Liés #1

Il la regarde dormir. Elle est couchée sur le flanc droit, en appui sur le genou de la jambe gauche repliée. Un filet d’air à peine audible s’échappe de ses narines, comme la brise de juin effleure le chemin de crête d’une chaîne aux cimes douces : tête, épaule et hanche culminent sereinement.

La courbure noire de ses cils réunis signe la frontière au-delà de laquelle règnent les rêves. Alors qu’il s’interroge sur contenu de ses rêves, Étienne sent monter en lui une menace pour la paix. Des flashs construisent un décor discontinu d’où surgit le scintillement argenté de chaînes qu’on manipule.

Une expiration plus profonde d’Héloïse rappelle aussitôt Étienne à son observation attentive. Il lui semble qu’un frisson parcourt l’échine souple de sa femme. Il saisit le drap prisonnier des chevilles d’Héloïse et le fait glisser jusqu’au creux de ses reins, pensant ainsi faire fuir le froid. Dans une coordination de gestes nerveux, les yeux toujours clos, elle balaye le coton, s’allonge sur le ventre, se cambre violemment et laisse échapper un gémissement bref… La cause du frisson n’est pas la fraîcheur du soir. Alors que sa superbe croupe dorée par le soleil s’offre à son regard amoureux, Étienne se demande encore quels sont les songes qui s’animent derrière les paupières, quelles images s’y projettent.