Liés #29

Il y eut un été décisif. Fondateur. Étienne se débarrassait jour après jour des entraves d’une triste mémoire familiale. Il avait vu Héloïse s’autoriser à plaire et être séduite. Sa femme s’était rouverte à la sexualité expérimentale qui précédait leur union. Ensemble ils ont alors bâti les bases d’une union sulfureuse à souhait.

Liés #28

Cette salope n’y allait pas par quatre chemins. Il n’y en avait que trois : sa bouche, sa chatte et son cul. La vraie variable était ce qu’on y mettait.

Liés #27

Étienne se regarde plusieurs fois par jour. Parfois il se plaît. Parfois non. Toujours il convoque les représentations d’autres corps masculins autour desquelles il articule son œil. C’est souvent peu flatteur de saisir le rebond d’un ventre relâché, un carré de peau distendue, une barbe éclaboussée de blanc sur le menton. Contre ça il lutte en cultivant l’effort physique, un rasage précis et une alimentation sans cesse meilleure mais le plus cruel est certainement la confrontation aux représentations masculines d’Héloïse.

Liés #26

L’inconnu redescend alors jusqu’à l’entrée de la vulve où la mouille inonde index et majeur qu’il enfonce profondément. La jolie salope ne peut retenir un cri de plaisir aigu en sentant son sexe engloutir les doigts tant attendus. Elle ne se sent jamais aussi active que dans cette passivité lascive. L’inconnu fouille le sexe d’Héloïse avec une intensité croissante, les deux doigts s’enfoncent et se retirent d’abord lentement sans jamais sortir tout-à-fait, révélant à chaque tour toujours plus d’une épaisse et généreuse cyprine. Elle tord son bassin et tire sur les entraves comme pour se hisser et mieux offrir son cul cambré. La main qui plaquait son ventre est devenue inutile. L’inconnu lâche la prise et saisit brusquement une masse de cheveux qu’il tire vers lui en introduisant l’annulaire en plus. Il sent que les trois phalanges élargissent progressivement l’entrée du vagin de la petite salope serrée. Encouragé par le flot qui trempe sa main, le vicieux pousse brutalement ses doigts dans la chatte ouverte et cabre la tête d’Héloïse en arrachant presque la touffe de cheveux. Son hurlement se prolonge quand l’inconnu augmente le rythme et le maintient. Elle se sent envahie, pilonnée, défoncée là où personne n’était encore jamais allé. Lorsque la jouissance la saisit, la pénétration qui continue sans faiblir semble déclencher une cascade d’orgasmes plus puissants les uns que les autres.

Liés #25

Elle est debout, de dos. L’homme profite de l’immobilité pour passer ses bras sous les aisselles, de part et d’autre du corps offert et les referme. Elle sent le torse viril sous ses cheveux, les mains qui enveloppent ses seins. Elle ferme les yeux et renverse la tête pour la caler entre les pectoraux du mâle dont la prise incite à l’abandon. Elle perçoit le sexe dur au creux de ses reins. Instinctivement, elle commande à sa main droite de s’emparer du vit dressé. Les maillons métalliques tintent comme une frustration… Ou un rappel à l’ordre… D’une paume plaquée sur le ventre, L’inconnu s’assure qu’elle ne bougera pas. Il extrait l’autre main de la cage pour l’y glisser à nouveau, mais cette fois entre les cuisses d’Héloïse le long desquelles il remonte lentement. Les phalanges atteignent déjà la fente tendre et sensible, plongent dans son sillon et remontent jusqu’au pubis. Au passage l’inconnu a libéré le clitoris de son capuchon. De la pulpe d’un doigt expert, il passe et repasse sur le délicat dôme de chair rose . Cette caresse aussi douce que puissante jette un sort à Héloïse dont le souffle s’accélère et la chatte se trempe instantanément.

Liés #24

La seconde ombre approche. Massive, elle jette un voile noir sur le tableau précédent. Assis non loin, l’homme n’a rien perdu du spectacle auquel les spasmes de l’éjaculation faciale ont mis fin. Patient, il affiche une détermination qui laisse deviner qu’il se serait néanmoins battu pour ne pas perdre son tour.

La quarantaine sans complexe, nu, gris et dégarni, l’homme ne semble pas vouloir s’embarrasser de manières. Il sait ce qu’il veut et Étienne le devine à l’assurance et la vitesse avec lesquelles le prédateur fond sur la proie offerte derrière les barreaux. Héloïse aussi a compris. La peur et le désir se lisent sur son visage. Elle cherche le regard de son époux et le trouve.

Il se lève, ouvre la cage et déverrouille les entraves qui la maintenaient à quatre pattes. Héloïse se relève lentement, ankylosée. Devant l’inconnu interdit, Étienne attire sa salope contre lui et referme les bras autour d’elle. Les époux tiennent la pose, tendre, amoureuse et quasi transgressive dans ce contexte obscène : l’éternité contenue dans une poignée de secondes suspendues.

Imperceptiblement, tout en l’embrassant, Étienne plaque la chienne dos aux barreaux qui quadrillent la courbe de sa croupe et maintient l’écartement de ses jambes en liant chaque cheville à un croisillon de fer. Il fixe les poignets de part et d’autre du corps de manière à ce que le sang ne quitte pas les bras. Un baiser et il retourne s’asseoir après avoir échangé un regard complice avec l’inconnu qui reprend sa progression.

Liés #23

Sur la plage, entre le pilote et Héloïse, fusent les échanges et tourne le goulot. Dans sa distance inquiète, Étienne sait qu’Héloïse adore ce moment de lâcher-prise. De retour dans la maison  sur la falaise, Étienne déclare vouloir se coucher avec l’espoir qu’Héloïse lui emboîte le pas. Ce n’est malheureusement pas le cas. Elle souhaite poursuivre encore…

Lorsqu’elle le retrouve, la jeune femme avoue à son mari depuis quelques jours qu’elle a embrassé le beau cousin. Sans en avoir conscience, il découvre à ce moment que sa vie d’avant manque à Héloïse et au lieu de reconnaître ce manque, Étienne se laisse envahir par l’animal stressé qu’il fait taire depuis de nombreuses heures. L’humiliation redoutée ouvre les vannes de la colère aveugle. Furieux, l’époux s’empare de son alliance et la jette à travers l’obscurité de la chambre… De la séquence qui suit, rien n’est racontable que le constat brutal qu’Étienne n’est pas capable d’entendre le désir d’Héloïse. Ses propres blessures l’empêchent de lire les mécanismes du plaisir de celle avec qui il s’apprête à partager sa vie… Enfermé dans sa souffrance, il ne sait que pointer du doigt ce qu’il considère sèchement comme des dysfonctionnements, heurtant à son tour la femme qu’il aime pourtant éperdument.

Liés #22

Le premier virage de la route de la corniche donne le ton : les pneus crissent sur la chaussée refroidie par la nuit. À l’entrée de l’épingle suivante, le cousin braque à fond et tire le frein à main. L’auto pivote sur elle-même en projetant ses occupants contre les portières. Étienne se cramponne et regarde sur la banquette arrière. A demi-couchée, dans les plis de sa robe rouge ouverte dans le dos, un genou sur le plancher, Héloïse s’abandonne au grand huit sur route ouverte, laissant deviner une cuisse que la lune éclaire. Elle est bien loin de protester. Étienne, lui, se retient de mettre un terme au rodéo.

Liés #21

Il observe son cousin et Héloïse communier dans leur goût pour l’ivresse et la transgression. Une fois les convives partis, l’homme à l’élégance licencieuse leur propose de poursuivre la fête sur la plage avec une bouteille. Héloïse est ravie, Étienne méfiant. Il voit pourtant s’allumer dans les yeux de sa jeune épouse un feu qu’il connaît, le feu des récits des hommes qu’elle avait baisés. Ce feu qui, trois années après leur rencontre, déjà, chauffait moins…

Liés #20

La sobriété nerveuse du mariage a donc laissé la place à une soirée organisée par la grand-mère paternelle d’Étienne en l’honneur des jeunes mariés. De la large terrasse dallée d’ardoises noires, l’indigo profond de la Manche semble vouloir épouser le sable de la plage pour s’étaler sur les roches du littoral en tâches végétales. On se présente, les bouchons sautent, les langues s’agitent mais Étienne reste prudent… Lorsque tombe la nuit, l’alcool n’a fait qu’accentuer la raideur de sa posture défensive. Il est distant et il le sait. Pour lui ce n’est pas un choix : derrière le blindage émotionnel se terre un animal lâché en milieu hostile.  Son appartenance à cette famille presque riche a sans cesse été remise en cause. Éprouvant dans sa chair le clivage social entre père et mère, il ne paraît toujours qu’à moitié présent, l’autre moitié, tapie dans l’hypervigilance, se prépare à l’insulte et l’humiliation.